Camille LOCHT

Infections Respiratoires Bactériennes : Coqueluche et Tuberculose

La recherche de l’équipe se focalise sur la pathogenèse moléculaire d’infections respiratoires, en particulier la coqueluche et la tuberculose. Aujourd’hui, les infections respiratoires, souvent causées par des bactéries pathogènes, restent encore parmi les premières causes de mortalité dans le monde. La tuberculose cause approximativement 1,5 millions de décès par an. D’autres maladies respiratoires, comme la coqueluche, dont l’existence a presque été oubliée, montrent une ré-émergence spectaculaire à l’échelle globale, y compris dans les pays Européens à large couverture vaccinale. Les objectifs de l’équipe sont (i) la compréhension des détails moléculaires des mécanismes pathogéniques de Bordetella pertussis et de Mycobacterium tuberculosis et (ii) l’utilisation de ces connaissances pour le développement ne nouvelles approches de lutte, par la conception de nouveaux vaccins, de nouvelles molécules thérapeutiques et de nouvelles méthodes diagnostiques ou de typage moléculaire. Cela devrait aider à résoudre des problèmes qui subsistent avec la coqueluche et la tuberculose. Notre recherche s’inscrit dans un continuum des aspects très fondamentaux jusqu’aux applications et aux investigations cliniques, avec l’aide d’autres laboratoires en France (au sein et en dehors du Centre d’Infection et Immunité de Lille) et à l’étranger, y compris des collaborations dans le cadre des programmes de l’Union Européenne, dans lesquels nous participons activement.

Le choix des deux modèles bactériens est motivé par le fait que les deux pathogènes infectent les voies respiratoires de l’homme et que l’un est très pathogénique (essentiellement toute personne immunologiquement naïve infectée par B.  pertussis développera la coqueluche dans les semaines qui suivent l’infection), alors que l’autre est faiblement pathogénique (seulement environ 5 à 10 % des personnes infectées avec M. tuberculosis développent la tuberculose active au cours de leur vie). D’autre part, les infections à M. tuberculosis sont plus fréquentes que celles à B. pertussis, car environ 1/3 de la population mondiale est infectée par M. tuberculosis. B. pertussis est essentiellement, mais pas exclusivement un pathogène extracellulaire, alors que M. tuberculosis est essentiellement, mais pas exclusivement un pathogène intracellulaire. Contre les deux pathogènes des vaccins sont disponibles, mais la ré-émergence des deux maladies indique que ces vaccins devraient être améliorés. Néanmoins, la disponibilité des vaccins donne l’occasion d’étudier les mécanismes de l’immunité protectrice.

Puisque le potentiel pathogénique d’une bactérie virulente dépend largement de ses interactions avec l’hôte, il implique essentiellement des facteurs sécrétés par le pathogène ou présents à sa surface. L’étude de l’enveloppe bactérienne constitue dès lors notre premier thème de recherche. L’expression de nombreux gènes impliqués dans la virulence bactérienne est régulée par des conditions de l’environnement. L’étude de la régulation de la production des facteurs de virulence constitue donc le deuxième thème de recherche. Enfin, le troisième thème concerne plus spécifiquement des aspects appliqués, notamment le développement de nouveaux vaccins. Dans ce contexte, nous intégrons complètement les connaissances obtenues dans les premier et deuxième thèmes pour développer de nouveaux vaccins contre la coqueluche et contre la tuberculose.

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